HDR Bastien SOULE, Université de Franche-Comté
Bastien Soulé -Maître de Conférences - Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport
Des risques corporels au risque organisationnel. la sociologie au cœur d’une démarche multiréférentielle de recherche sur les activités sportives
HDR soutenue publiquement : le 7 décembre 2011
Jury :
Le jury sera composé de :
- Bertrand During, Professeur, Université Paris Descartes
- Gilles Ferréol, Professeur, Université de Franche-Comté
- Jean Griffet, Professeur, Université de la Méditerranée Aix-Marseille II
- Anne-Marie Mamontoff, Professeur, Université de Perpignan Via Domitia
- Philippe Scieur, Professeur, Université Catholique de Louvain à Mons
Résumé : ce mémoire constitue une mise en perspective d’un cheminement scientifique. S’il souligne, par certains aspects, la cohérence d’un parcours de chercheur initié il y a une quinzaine d’années, il n’élude pas pour autant les contingences qui le caractérisent également. Il s’agit donc de faire état d’une trajectoire intellectuelle, en insistant sur les orientations épistémologiques, disciplinaires, théoriques et méthodologiques privilégiées.
Une part essentielle de notre activité de recherche s’est focalisée sur les risques corporels inhérents à la pratique sportive. Ces derniers ont été appréhendés sous des angles variés et complémentaires. Outre la question de l’engagement corporel, d’abord appréhendée sous un angle actantiel, la prévention et la gestion des risques ont été analysées. Dès lors, le regard initialement centré sur les pratiquants s’est tourné vers les organisations en charge de prévenir le danger, de secourir les éventuelles victimes d’accident, et, plus largement, de lancer des alertes et de parer aux crises. Ce type de lecture a largement mobilisé la sociologie des organisations.
Au-delà du « preneur de risques », c’est ainsi la production de danger et de sécurité endogène aux systèmes de pratique qui a fait l’objet d’approfondissements, à travers l’étude de plusieurs cas relevant notamment du secteur des loisirs et du tourisme sportifs. L’objectif est alors d’analyser les risques sportifs dans une perspective systémique et processuelle, en adoptant une conception plurielle des facteurs de danger. Outre la fréquentation touristique de la montagne, les affaires de dopage illustrent cette nécessité de renversement intellectuel dans l’appréhension des raisons concourant à la production de danger. De fil en aiguille, il est apparu évident que cette dernière est cernée avec d’autant plus de finesse qu’elle dépasse le rapport individuel au risque, pour intégrer des dimensions organisationnelles et systémiques.
Dans une autre acception, le risque organisationnel est inhérent à une articulation n’allant pas de soi entre des acteurs placés en contexte d’interdépendance, devant par conséquent composer les uns avec les autres, mais poursuivant néanmoins des objectifs radicalement différents, tout en disposant de référentiels hétérogènes. Dès lors, les risques ne sont plus nécessairement corporels ; des comportements opportunistes, stratégies particularistes et logiques d’action autonomes sont susceptibles de mettre en péril le fonctionnement organisationnel ou inter-organisationnel. On passe ainsi de la gestion des risques corporels aux risques liés à certains modes de gestion, lesquels ont été étudiés sur des terrains aussi différents que les partenariats public-privé ou la préparation aux crises.
Enfin, la rédaction de ce document s’est avérée propice à une réflexion sur la combinaison des approches disciplinaires et théoriques. Un parcours scientifique inscrit dans la multiréférentialité ne manque en effet pas de soulever des questions d’ordre épistémologique. L’opportunité a ainsi été saisie de discuter des apports heuristiques permis par le croisement des regards, tout en précisant les conditions et modalités d’articulation des cadres d’intelligibilité. Les contraintes et pièges inhérents à cette ambition pluraliste sont également évoqués. Au final, l’ensemble de ces développements contribue à mieux situer, caractériser et spécifier notre activité scientifique.
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